18

Mar

2015

Bien infuser ses thés, réussir ses dégustations

Vous savez presque tout sur la culture et la production de thé. Après les savoirs théoriques, voilà la pratique ! Comment infuser ses thés de manière à obtenir une dégustation réussie et profiter pleinement de vos thés. Ces thés qui auront parcouru un immense trajet pour arriver jusqu’à votre boite à lettres méritent bien quelques efforts 🙂 J’avais rédigé un article sur le même sujet il y a quelques mois. J’aborde ici certains points différemment, mais n’hésitez pas à consulter aussi le 1er article.

La qualité de l’eau

Premier élément d’importance qui est un invariable à tous les thés: la qualité de l’eau. L’idéal est d’habiter à la montagne, avoir un torrent ou une source à proximité qui garantit une eau fraîche, douce et pure. Mais tout le monde n’a pas cette chance. Et si j’ai la chance d’en profiter parfois en visitant des exploitations ou prenant le thé chez des amis, ce n’est pas à Shanghai que je pourrai me le permettre. Bref, à défaut d’être un veinard habitant à la montagne, évitez l’eau du robinet et toute eau minérale dont le goût est prononcé (pas de Contrex, Hépar, et eaux riches en calcium ou en sodium). A défaut donc, une eau de source en bouteille me semble être l’idéal. Le résultat est vraiment impactant alors ne négligez pas cet aspect.

La température de l’eau

En chinois, faire bouillir l’eau se dit « ouvrir l’eau ». Il est important lorsqu’on infuse un thé à 80 ou 90°C de passer par l’étape d’ébullition pour que la température redescende ensuite. L’ébullition « ouvre » l’eau, la rend plus légère et utilisable pour le thé.

D’une manière générale, plus le thé est sombre plus l’infusion doit se faire à une température élevée.

Les thés blancs, thés verts, thés jaunes se font à des températures d’environ 80°C. Si vous ne pouvez sélectionner une température précise, déposez les feuilles de thé dans votre verre/théière, versez un quart d’eau froide et trois quart de l’eau qui vient de bouillir.
Les thés wulongs/oolongswulongs/oolongs, thés noirs, pu er se font à 100°C. Ici, l’important est de conserver une eau très chaude pour les différentes infusions, de la 1ère à la dernière, les eaux successives devront être portées à 100°C. N’hésitez donc pas à relancer l’ébullition toutes les 2 ou 3 infusions.

Sachet de thé ou pas

Faut-il consommer des thés en sachet ? Les thés en sachet ne sont pas une tradition chinoise. Aussi, notre boutique n’en propose pas. Malgré tout, il est intéressant de se poser la question des avantages et inconvénients du système.
Le premier avantage, c’est bien sûr la praticité. Facile à infuser, le sachet contient la bonne dose (à priori) de thé et fait office de filtre. Ainsi on ne boit pas les feuilles, juste le thé infusé. Le second avantage c’est aussi le côté non intimidant du procédé. Les thés en sachet, on en trouve partout, même au supermarché, on a grandit avec. On connaît.
Parmi les inconvénients majeurs. Les sachets peuvent renfermer des poussières et des moisissures. Les feuilles ont été le plus souvent broyés, ainsi on ne sait pas ce qu’on consomme. Parce que les feuilles ont été broyés, le gros des huiles aromatiques s’est perdu. Le goût en sera moindre et l’intérêt diététique également. Par ailleurs vous pouvez être sûr que ce sont les grades les plus bas que l’on réserve aux sachets.
Les thés en sachet coûtent très cher. Rapporté au prix au gramme et à la qualité proposée, vous comprendrez rapidement qu’il est dans votre intérêt d’acheter de beaux thés en feuilles entières.
Je rajouterai aussi que le rapport au thé n’est pas du tout le même. On admire les belle feuilles de thé qui dansent dans l’eau chaude d’un côté, on a un sachet papier détrempé dans une tasse de l’autre. Par ailleurs, les sachets de thé sont le plus souvent trop petits et sous-dosent les thés. Vous l’aurez compris, à theschinois.com, nous ne sommes pas vraiment fans des thés en sachet.

Citron, lait ou miel ?

A l’origine, on ajoutait du lait frais dans la tasse pour éviter que la céramique ne craque avec le thé chaud. La question ne se posant plus aujourd’hui, il est légitime de se poser la question de l’intérêt de l’ajout de citron, lait ou miel au thé.
Il est bien sûr ici question de goût personnel. Mais les thés supportant le mieux ces ajouts, dont les arômes s’effaceront le moins, sont les thés rouges. Les thés rouges chinois Keemun (Qimen Hong), Lapsang Souchong (Zhengshan Xiaozhong) ou Grand Yunnan (Dian Hong) sont les thés que vous nous recommandons. En revanche, nous nous déconseillons d’une manière générale l’ajout de citron, lait, miel ou même de sucre sur tout autre type de thé.

Prochain article sur la durée des infusions. Question épineuse qui interpelle souvent les amateurs de thé.

A bientôt 🙂

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Auteur

tom

Passionné par la Chine et ses cultures, le thé, le vin, les bons bouquins de SF. Travaille dans l'ecommerce depuis Shanghai où il vit.

 

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