03

Avr

2015

Le thé vert chinois – Partie 1

Dans mon premier article sur les thés verts, je vous ai donné un aperçu de leur variété et j’ai abordé la méthode de production de ceux-ci. Dans cet article en deux parties, je vais vous présenter en quelques lignes quatre des grands thés verts chinois.

Le Long Jing (Puits du Dragon)
Le Long Jing est un thé que nous connaissons bien sur Theschinois.com puisque nous avons la chance de travailler avec la coopérative agricole de Shifeng – le pic du Lion – depuis plusieurs années. Cette coopérative gère l’exploitation des théiers de la montagne de Shifeng à la sortie du village de Long Jing. Le village de Long Jing se trouve à l’ouest de Hangzhou, superbe ville à une heure de train de Shanghai où notre bureau chinois se trouve. Il est donc très facile de nous y rendre pour apprécier la beauté des plantations et déguster d’excellents thés verts des régions environnantes.
Le Long Jing dépend de trois appellations : Xihu (lac de l’Ouest), Meiwu (du nom du village de Meijiawu) et Shifeng (qui est un village et une colline). La meilleure de ces trois appellations est Shifeng. C’est la seule d’ailleurs que nous proposons. Elle est considérée comme supérieure par l’altitude plus élevée, la qualité de la terre qu’on y trouve et plus généralement parce que les plantations sont en forêt, dans un environnement semi-sauvage, idéal pour produire des thés excellents.

Le Long Jing est un thé dont on cueille le bourgeon et la première feuille. Les feuilles subissent une dessiccation rapide, puis deux torréfactions au wok, séparées d’une phase de réhumidification d’environ un quart d’heure. Chaque phase de torréfaction dure 20 minutes environ (pour 200 gr. de bourgeons). Les feuilles de Long Jing sont plates, vertes-grises, tirant sur le blanc pour les meilleurs grades.

Le Long Jing est peut être le plus connu des thés verts chinois, mais les meilleurs grades sont rares et atteignent chaque année des prix astronomiques.

Le Bi Luo Chun (Escargot de Printemps)
Le Bi Luo Chun est un thé vert produit sur les versants des monts Dong Ting surplombant le lac Taihu, à l’ouest de l’ancienne ville des canaux : Suzhou. Suzhou est réputé pour sa douceur de vivre, ses nombreux canaux, la qualité de sa soie et surtout ses jardins que de nombreux chinois considèrent comme les plus beaux jardins « classiques » chinois. Les théiers sont cultivés dans une région fertile où poussent de nombreux arbres fruitiers : pruniers, grenadiers, kakis, ginkgos, pêchers… Les plantations de thé ne sont là bas pas monoculturels, les producteurs alternent les théiers avec des arbres fruitiers. Telle la vigne, les théiers absorbent les essences des arbres environnant, donnant ainsi aux feuilles de thés des notes de fleurs et de fruits.

A la différence du Long Jing, le Bi Luo Chun est un thé aux feuilles tantôt ourlées (comme c’est le cas à Suzhou) tantôt roulées en boules (comme c’est le cas du Bi Luo Chun du Yunnan).

Le Roi Singe (Roi Singe)
Le nom complet est Taiping Houkui : le Roi Singe de Taiping, Taiping étant l’ancien nom de la commune d’où venait ce thé. Le thé du Roi Singe donc, est l’un des grands thés verts emblématiques des monts Jaunes (Huangshan) dans la province de l’Anhui. Les plantations se trouvent dans une région montagneuse et sub-tropicale, chaude et extrêmement humide. La terre de Huangshan est une terre ocre et riche dans laquelle tout pousse facilement.

Le Hou Kui est d’abord remarquable par la taille de ses feuilles, celles-ci qui dépassent généralement 5cm sont vert olive avec de petites veines orangées qui apparaissent dans l’eau chaude. Les feuilles sont grandes et plates. La cueillette consiste en un bourgeon et deux feuilles. Les notes qui s’en dégagent sont douces et longues, dénuées d’amertume. Les dégustateurs chinois évoquent l’orchidée pour décrire son parfum. Trois grades de Hou Kui sont reconnus et par ordre décroissant de qualité sont classés ainsi : le Hou Kui (Roi Singe), le Kui Jian (les bourgeons du Roi) puis le Jian Cha (les bourgeons de thé).

Le Huangshan Maofeng (Cimes duveteuses des monts Jaunes)
Le Huangshan Maofeng est également un thé emblématique des monts Jaunes. Ce thé dont la production a commencé fin 19ème est issue des développements de la maison de thé Xie Yu Da. Cette maison qui existe toujours est celle auprès de laquelle nous achetons ce thé. En revanche le thé cultivé dans les monts Huang est un phénomène beaucoup plus ancien. Lieu important du bouddhisme et du taoïsme chinois, la culture du thé est intimement lié aux nombreux temples et moines qui peuplent ces montagnes.

La cueillette est plus tardive que la plupart des thés verts, la première récolte a lieu pendant Qing Ming (première quinzaine d’avril), la seconde pendant Guyu (seconde quinzaine). Les feuilles sont cueillies, torréfiées, roulées puis chauffées quatre fois à température décroissante. La torréfaction a lieu a une température beaucoup plus élevée que les Long Jing. Les dégustateurs chinois évoquent les noix fraîches et la menthe pour qualifier les notes du Huangshan Maofeng.

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Auteur

tom

Passionné par la Chine et ses cultures, le thé, le vin, les bons bouquins de SF. Travaille dans l'ecommerce depuis Shanghai où il vit.

 

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