04

Avr

2014

Dégustation d’un Dancong Da Wu Ye d’Automne

Nous continuons notre série avec la découverte d’un Dancong Da Wu Ye également ramené de Chaozhou. Il s’agit d’un wulong de Fenghuang (凤凰).

Nous essaierons de vous faire découvrir prochainement un Lintou Dancong, autre terroir intéressant de la région, bien qu’absolument méconnu.

Avec la grosse quinzaine de variétés existantes de Lintou Dancong et les cueillettes de thés de printemps qui commencent à arriver, les chroniques sur le Dancong ne sont pas prêtes de s’arrêter 😉

Dancong Da Wu Ye

Les mots « Dan Cong Da Wu Ye » en écriture traditionnelle, encore parfois utilisée


Ici, les caractères Dancong Da Wu Ye sont écrits en caractère traditionnelle, c’est l’habitude que l’on retrouve également sur les panneaux encadrant les portes des temples, certains médicaments traditionnels et autres produits se référant à la Chine d’avant Mao.

L’appellation Dancong Da Wu Ye fait référence à l’aspect visuel de l’arbuste qui porte de larges feuilles qui deviennent vert sombre après quelques infusions. Les feuilles sèches sont ourlées, assez peu oxydées, la torréfaction est minimale. On distingue de très beaux reflets jaunes, verts et rouges. Elles sont par ailleurs plus grandes d’un demi-centimètre avec les autres Dancong que j’ai pu goûter. Mais ne vous attendez pas non plus à un Taiping Houkui version Dancong 😉

Feuilles sèches de Dancong Da Wu Ye

Les feuilles de « Dan Cong Da Wu Ye » sont particulièrement grandes


Conséquence de la faible oxydation, le côté végétal est bien présent. Les feuilles renferment par ailleurs une certaine minéralité. Ces deux aspects sont présents tout au long de la dégustation. La dégustation renvoie à des notes d’olives vertes, une spécialité de la région. En revanche ces olives sont mangés comme telles, sans macération ni maturation. Très différentes donc de nos olives de méditerranée. Par ailleurs elle partage avec ces olives cette même amplitude qui prend toute la bouche, le palais, l’espace entre les dents et les joues.

Vers la 4ème infusion, le thé est toujours aussi puissant mais perd un peu en charpente et laisse la place à un côté citronné avec des notes de barbe à papa. Le thé supporte très bien de nombreuses infusions. Il est préférable d’être plusieurs à en profiter, 15 infusions c’est bon, mais pour une personne ça fait beaucoup 😉

Le Chadi (le fond de feuilles) du Dancong Da Wu Ye
Le Chadi (茶底 – le fond de feuilles) souligne les pointes rouges, particularité de cette variété


Pour la préparation de ce Da Wu Ye, j’ai opté pour une préparation strictement identique à celle du Ba Xian : une eau de source très chaude, un wok rempli de 6 grammes de feuilles environ, une première infusion quasi instantanée, les 4 suivantes de 5 secondes environ, puis 15 secondes deux fois, et ainsi de suite.

Attention à ne pas surinfuser ce thé, car son « corps » pourrait donner une impression acre.

Par ailleurs, c’est un thé particulièrement tonique, énergisant qu’il faut mieux éviter de boire après 17h30. Chacun a une sensibilité différente, mais je vous aurai prévenu 😉

C’est un très beau Dancong végétal et minéral qui offre des notes légères, désaltérantes qui tendent plutôt vers le citron alors que nombre de Dancong offrent plutôt des notes de fruits cuits ou de confiture. Endurance remarquable par ailleurs.

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Auteur

tom

Passionné par la Chine et ses cultures, le thé, le vin, les bons bouquins de SF. Travaille dans l'ecommerce depuis Shanghai où il vit.

 

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